De nouveaux lecteurs
L'espagnol, l'allemand, le portugais, l'italien : des centaines de millions de lecteurs, et des boutiques Amazon dans chacune de ces langues.
Chaque grande invention a fait sortir les textes de quelques mains pour les mettre dans beaucoup d'autres. La traduction par intelligence artificielle est la suivante.
Pendant des millénaires, un livre a été un objet rare. Il fallait des mois, parfois des années, pour en copier un seul à la main. Puis chaque invention a fait la même chose : sortir les textes de quelques mains pour les mettre dans beaucoup d'autres.
Il restait une frontière que ni l'imprimerie ni Internet n'avaient vraiment franchie : la langue. Un livre écrit en français n'existe pas pour un lecteur qui ne lit que le polonais. Le traduire coûte des milliers d'euros, et l'immense majorité des livres ne le seront jamais.
C'est cette frontière que l'intelligence artificielle commence à abaisser. Nous avons créé Librolingua pour cela.
En Mésopotamie, des comptables gravent des signes dans l'argile. Pour la première fois, une parole survit à celui qui l'a prononcée.
Chaque livre est recopié à la main, page après page. Une bible peut demander des mois de travail à un copiste. Les livres sont rares, chers, réservés à quelques-uns.
À la Maison de la sagesse, des savants traduisent en arabe Aristote, Euclide, Galien. Sans ces traductions, une partie du savoir grec aurait disparu.
Chrétiens, juifs et musulmans y font passer ces textes de l'arabe au latin. L'Europe redécouvre la science par la traduction.
Gutenberg imprime sa Bible à Mayence. En cinquante ans, l'Europe produit des millions de livres. Le prix d'un livre s'effondre, la lecture se répand.
Luther publie le Nouveau Testament en allemand. L'imprimerie et la traduction ensemble mettent un texte entre les mains de tout un peuple, dans sa langue.
Penguin en 1935, le Livre de Poche en 1953 : les grands textes au prix d'un paquet de cigarettes. La littérature devient populaire.
Le livre numérique et l'impression à la demande permettent à n'importe qui de publier, sans éditeur ni stock. Des millions d'auteurs se lancent.
Une intelligence artificielle peut traduire un roman entier en quelques heures, dans des dizaines de langues. La dernière frontière du livre, la langue, commence à tomber.
Nos traductions sont faites par des intelligences artificielles. Nous ne prétendons pas qu'elles égalent le travail d'un grand traducteur littéraire, qui reste un art : choisir le mot juste, porter une voix, réinventer un jeu de mots. Quand un livre mérite ce travail et que son budget le permet, il faut le confier à un traducteur humain.
Mais la plupart des livres n'auront jamais ce budget. Pour eux, la question n'est pas « traduction humaine ou traduction par IA », c'est « traduction par IA ou pas de traduction du tout ». C'est là que nous sommes utiles.
Nous ne nous contentons pas de passer un texte dans une machine. Chaque livre suit une chaîne : un modèle lit d'abord le livre et rédige sa fiche de style (personnages, ton, termes récurrents) ; le livre est traduit passage par passage selon cette fiche ; des agents relecteurs indépendants comparent chaque paragraphe à l'original ; un agent arbitre tranche chaque désaccord ; des contrôles automatiques vérifient que rien ne manque. Et vous recevez un rapport qui vous dit ce que nous avons choisi, et ce que nous vous invitons à vérifier.
L'espagnol, l'allemand, le portugais, l'italien : des centaines de millions de lecteurs, et des boutiques Amazon dans chacune de ces langues.
Le prix d'une traduction humaine se compte en milliers d'euros ; ici, en centaines. Une traduction peut se rentabiliser avec quelques dizaines de ventes.
Votre livre traduit et mis en page en quelques jours, prêt à publier.
Vos réglages, votre glossaire, vos consignes. Et un fichier modifiable que vous pouvez faire relire par qui vous voulez.
Les scribes ont rendu les textes durables. L'imprimerie les a rendus abordables. Internet les a rendus accessibles. Il reste à les rendre compréhensibles par tous, dans toutes les langues. C'est, à notre petite échelle, ce que nous essayons de faire : que votre livre trouve ses lecteurs, où qu'ils soient.